Sortie Finfarine

Introduction: 

Folie Finfarine le 4 mai 2015

Sortie à la Folie de Finfarine, commune du Poiroux, le lundi 4 mai.

Malgré une météo inquiétante, encore pluvieuse le midi, les 17 yonnais se regroupent à L'AVH et retrouvent  une demi-heure plus tard les 7 sablais à l'arrivée sur le parking de « la maison de l'abeille et du miel » au Poiroux. Une timide éclaircie se fait jour.

Dès 14h30, notre guide féminine nous prend en charge et nous amène à une grande cabane nommée « La Miellerie » : assis sur des bancs, nous écoutons expliquer la différence d'apparence entre l'abeille et la guêpe : non, l'abeille n'est pas rayée jaune et noire: elle est plutôt brune avec des nuances plus ou moins rousses. La jaune et noire , c'est la guêpe ! De plus l'abeille est poilue sur la tête et le tronc, la guêpe est lisse : cela lui permet de retenir les pollens contenus dans la fleur  ; avec sa salive, elle en fait des petites boulettes jaunes qu'elle transporte sur ses 2 pattes arrières (comme tous les insectes elle a 3 paires de pattes). Nous goûtons 2 à 3 boulettes de pollen, un peu croquantes, fades et douces à la fois.

Ce pollen déposé dans les alvéoles de la ruche nourrira les larves.

Les alvéoles sont des petites cellules de forme hexagonale (6 côtés) constituées de cire que les abeilles fabriquent avec les secrétions de leur abdomen et qui servent de réservoir à miel ou de nid pour les larves.

En butinant la fleur , l'abeille aspire aussi , avec sa trompe , le nectar (constitué d'eau et de sucre), qu'elle ramène à la ruche, mâche puis repasse à une autre abeille qui fait de même , lui repasse et ainsi de suite,  jusqu'à former le miel (explication simplifiée). Le miel déposé dans les alvéoles servira à nourrir les adultes de la ruche, ouvrières et faux-bourdons, mais pas la reine qui elle se délectera de gelée royale toute sa vie, soit de 3 à 5 ans.

La gelée royale est une sécrétion blanchâtre, issue des glandes de la tête des abeilles-ouvrières lorsqu'elles sont nourrices et n'ont pas encore quitté la ruche. Seules les larves qui en sont nourries deviendront reines. Les autres larves, nourries au pollen, ne seront qu'ouvrières ou faux-bourdons, et vouées à une vie de labeur . Enfin, surtout les ouvrières, car les bourdons ne font rien de particulier si ce n'est féconder la reine et mourir aussitôt , les pauvres. Combien sont-ils ? 5 à 600 faux-bourdons dans une ruche de 50000 ouvrières, pour une seule reine qui pond 2000 œufs par jour déposés un par un dans les alvéoles.

L'abeille butineuse, au cours de ses 6 semaines à l'extérieur, peut rapporter aussi sur ses pattes arrières la propolis, cette pâte visqueuse fabriquée à partir de substances résineuses, gommeuses des arbres, mêlée à leurs propres secrétions (salive et cire) ; cela sert à colmater les bords de la ruche, des cadres, pour assurer leur étanchéité. Elle a aussi un pouvoir antibactérien, antifongique, et antiseptique  naturel reconnu.

Toutes les productions, secrétions de l'abeille sont donc utilisées dans la vie courante, y compris leur venin (mais de façon plus confidentielle, plutôt aux USA ou en Chine) pour son pouvoir anti-inflammatoire (articulations) ou son intérêt dans la sclérose en plaque.

Nos ouvrières butinent dans un rayon de 3 à 5 km autour de leur ruche. Les apiculteurs déplacent les ruches près des acacias , du tournesol, des pins, en fonction de la période de floraison et du goût de miel que l'on veut obtenir. Elles ne produisent le miel que de mars-avril à octobre, selon les floraisons et la météo. En ce moment , rien à récolter pour l'apiculteur, aussi la description qui suit reste pour nous théorique : avec un couteau , on  saisit le cadre pris dans la ruche , et on désopercule les alvéoles bouchées par la cire ; on l'introduit dans une centrifugeuse en métal grosse comme une lessiveuse ancienne ; devant nous une centrifugeuse trône : l'un des enfants actionne la manivelle, comme pour une essoreuse à salade :  il paraît que 5 minutes suffisent à recueillir le miel et le séparer de la cire à laquelle il est mêlé. Ensuite, on ouvre le robinet du bas qui laisse couler le miel incomplètement épuré. Suit un ou plusieurs  passages au tamis pour enlever les impuretés et mise en pot immédiate :  on ferme le couvercle . Pas de chauffage , pas de transformation , notre miel est prêt. La cire est mise de côté pour être fondue et nettoyée elle aussi.

 

Nos papilles ont été mises en éveil : nous goûtons sur des bâtonnets 2 saveurs différentes : le miel de tournesol et l'arômiel au citron (99% de miel, 1% d'arôme citron) ; le miel se conserve indéfiniment dans les placards, inutile de le mettre au frigo. Suivant son origine il se figera plus ou moins vite.

Fini la théorie, allons voir la ruche et ses habitants . Courte promenade dans le sous-bois, agrémentée par l'éclaircie et la douceur de la température.

Noter guide nous fait entrer dans un tunnel, cabane en forme de L majuscule, protégé par une « moustiquaire »( grillage fin), d'où nous apercevons à quelque mètres 6 ruches en activité. Ce sont de gros cubes en bois, avec une ouverture basse de quelques centimètres sur tout la largeur d'un côté. Elle-même , à l'extérieur a revêtu une combinaison blanche, un chapeau avec voilette intégrale qui protège le visage et le cou, des gants. Elle s'empare de l'enfumoir à soufflet (en forme de pichet à couvercle) qui diffuse une fumée produite par de la paille qui brûle dans le réservoir, activée par le soufflet.

 

Pourquoi enfumer les abeilles ? Non, cela ne les endort pas mais provoque un signal de défense les incitant à se regrouper et absorber le maximum de miel au cas où il faudrait quitter la ruche et aller essaimer plus loin ; elles laissent alors tranquille l'apiculteur.

 Après avoir ouvert la ruche par le haut en ôtant son couvercle de bois, enfumé l'ensemble, elle saisit délicatement un des dix cadres verticaux, recouvert d'abeilles qu'elle nous montre de l'autre côté du grillage, isolant des faux-bourdons reconnaissables à leur arrière plus large et plus rond puisque sans dard. Mais pas de reine sur ce cadre. Nous pouvons repérer les alvéoles fermées par la cire. Difficile pour les non-voyants de se représenter ce cadre sans le toucher.

La visite s'achève par le retour à la boutique avec petite dégustation de miel et d'arômiel aux divers goûts : orange, fraise, cannelle, rose, citron , et un petit verre à liqueur d'hydromel ou de cidre au miel. Chacun fait ses achats de miel, bonbons au miel, pain d'épices et petits objets dérivés, selon sa gourmandise.

En résumé, un après-midi agréable, culturel, mais un regret que la visite ne soit pas mieux adaptée au handicap visuel, dans la mesure où un groupe de non-voyants avaient déjà fait cette visite l'an passé, et avaient pu exprimer des demandes spécifiques : on aurait souhaité toucher des maquettes d'abeilles (il y en avait une très grosse qui n'a pas pu circuler), mettre la main sur une ruche vide et sur ses composants , cadres , couvercles, repérer où entraient les insectes, évaluer la protection du chapeau et de sa voilette, se saisir d'un enfumoir à soufflet hors fonctionnement (donc froid)...

nous allons nous remettre en contact avec l'animatrice pour lui faire ces propositions au cas où elle aurait d'autres demandes spécifiques à notre handicap.

Mais malgré ces réserves, je le redis , nous avons vécu une agréable sortie.